11 avril 2020

De Isabelle Tresson
Comédien de la Troupe du Mercredi
Pièce travaillée : Les femmes savantes, de Molière
Personnage : Ariste

 

Les jours passent. Parfois, je ne sais plus quel jour nous sommes justement. Cela arrive en temps normal, après un week-end de trois jours par exemple, mais en ce moment, c’est presque un jour sur deux. Quel jour sommes-nous ?

Le mercredi, je sais. Dès la veille je sais et je me réjouis. Car il y le rendez-vous du mercredi, la session hebdomadaire de l’atelier théâtre qui n’a pas pris de pause, malgré le confinement. Comme un besoin de conserver un rendez-vous culture, avec ce groupe formé il y a sept mois seulement, mais qui est déjà soudé, par la puissance du jeu théâtral, par les relations qui naissent entre les comédiens, dès les premières improvisations. Avec le théâtre, on a l’impression de bien se connaître parce qu’on vit des choses ensemble, on ressent des émotions ensemble tous les mercredis soir et pourtant on ne se connaît pas personnellement ! C’est durant le confinement, lors du début des séances de travail en vidéo qu’on en a finalement découvert un peu plus de la vie des uns et des autres. Je découvre que Laurent est directeur artistique, qu’il travaille dans la communication. Car au début des séances en vidéo, on parle forcément de nos vies confinées, puis on continue le travail.

On travaille cette pièce qu’on devait jouer en juin 2020 et qu’on jouera en fin d’année seulement. Entre les séances du mercredi, on continue le travail des scènes en petits groupes. Je répète souvent par téléphone avec Alain. Évidemment, on parle aussi de la situation particulière et on se découvre un peu plus. J’apprends à connaître Alain qui a travaillé dans la finance solidaire et que je n’aurai peut-être jamais rencontré sans l’atelier théâtre.

Ces répétitions à deux et en groupe me donnent l’espoir que l’art peut survivre à cette épidémie et à ces interdictions d’aller au théâtre ou au cinéma. Et j’ose espérer qu’on verra un grand élan de solidarité naître après le confinement, qu’on soutiendra non seulement les soignants, les caissières, les éboueurs, etc. mais aussi les lieux de culture que sont les théâtres, les cinémas, etc.

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